Un peu d’Histoire

d’après « Chroniques des terres de Sumène Artense »

Les Terres de Sumène-Artense voient leur peuplement remonter à l’ère des mégalithes et des tumuli (Mérigot – Champs sur Tarentaine, Verchalles – Vebret, Saignes et à Bournioux – Le Monteil).

Un peu plus tard, les Celtes laissèrent de nombreux témoignages de leur présence dans la Vallée de la Sumène sous forme de monnaies (Chastel-Marhlac –Le Monteil) de fragments de poteries à Vignonnet (Antignac). La région de Sumène-Artense prospéra aux confins du
territoire de deux peuples : les Arveni et les Lémovici jusqu’à la conquête de Caïus Julius Caesar. À l’époque gallo-romaine, le bassin de la
Sumène connut un peuplement important qui révèle la toponymie avec un grand nombre de localités se terminant par  les suffixes at ou ac comme Antignac, Bassignac, Champagnac, Sauvat…. Les vestiges antiques poteries, briques, tegulae (tuiles) sont foisons.

Table des sacrifices (Mérigot – Champs-sur-Tarentaine)

Les invasions barbares touchèrent également les terres de Sumène-Artense. L’époque mérovingienne ne laissa pas un bon souvenir aux habitants de cette contrée, puisqu’au premier tiers du VIème siècle, Thierry, fils de Clovis, en lutte avec son frère Childebert, mena une rude campagne dans le secteur, assiégeant l’oppidum fortifié de Chastel-Marlhac.

La charte de Clovis, document comptable des VIIIème – IXème siècles, révèle l’activité agricole qui était pratiquée au Haut Moyen-Age : culture du seigle, principalement, du froment et de l’avoine, l’élevage de bœufs, de vaches, de vaches grasses et de chevaux. A partir du IXème siècle, des châteaux furent érigés sur ce territoire qui devinrent, au Xème siècle, des seigneuries (Saignes, Charlus, Madic).

Parallèlement, l’essor de l’église chrétienne se traduisit par la floraison de lieux de culte, notamment de très belles églises romanes. Aux XIème et XIIème siècles, plusieurs prieurés furent fondés : le prieuré de femmes de Chastel-Marlhac relevait de l’Abbaye de Blesle (Haute Loire), celui de Vignonnet de la Chaise Dieu (Haute Loire), celui de Salsignac relevait de Bort (Corrèze)… Ydes était le siège d’une des trois grandes commanderies de l’Ordre du Temple en Haute Auvergne. Après 1312, la commanderie releva des Hospitaliers (Ordre de Malte).

Monnaie des comtes de Barcelone

Aux XIVème et XVème siècles, la guerre de Cent Ans n’épargna pas les Terres de Sumène-Artense, les Anglais incendièrent et ravagèrent à plusieurs reprises le Pays, des châteaux disparurent à cette occasion comme celui du Chastellet (Antignac), le fort de Lavaur (Bassignac).

L’ère moderne (du XVIème au XVIIIème siècle) commença avec les guerres de religions. Les Terres de Sumène-Artense, essentiellement catholiques, résistèrent aux différents assauts des Huguenots qui tentèrent de prendre quelques places fortes, sans succès.

En 1658, le charbon commence d’être exploité à Bassignac par Diane, comtesse de Charlus, ouvrant ainsi les Terres de Sumène-Artense au monde moderne. Ce n’est toutefois qu’au XIXème siècle que l’économie minière va profondément marquer les secteurs de Bassignac, Champagnac, Veyrières et Ydes. L’arrivée de la famille Mignot, en 1830, marqua le début de l’exploitation industrielle du charbon. Les ressources de l’Artense sont mises à contribution pour l’essor minier en fournissant son bois. En 1893, le chemin de fer donne un nouvel essor à la mine. L’exploitation minière persista jusqu’au début des années 1950. Ce sont les menuiseries Lapeyre (Ydes) et d’autres entreprises qui prendront le véritable relais industriel des mines.

La Mine (Collection Pachat Ydes)

Le reste du pays vivait de l’agriculture avec un savant mélange d’élevage bovin (vaches de race Salers) pour son lait et ses broutards dans les pacages, ovins et caprins sur les communaux et les terres ingrates, fauche de l’herbe dans les prés humides, culture du froment, du seigle et de l’avoine sur les terres riches mais aussi des pommes de terre et du chanvre. Au début du XXème siècle, les premières coopératives fromagères virent le jour avec une production de bleu, du saint-nectaire en Artense et du cantal.

Aujourd’hui les Terres de Sumène-Artense s’ouvrent au tourisme en faisant découvrir leur riche patrimoine tant bâti que naturel.

Texte de Stéphane Briant

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