Urbanisme : le PLUi de Sumène Artense communauté est finalisé

Les élus de Sumène Artense communauté se sont réunis en conseil le jeudi 5 février 2026. Une session largement consacrée à l’arrêt du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

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C’est l’aboutissement d’un projet lancé en 2018, perturbé par la crise du Covid et ponctué par de multiples étapes de concertation. Le PLUi de Sumène Artense communauté a été présenté pour délibération aux conseillers communautaires jeudi 5 février 2026. « Ce document de plus de 600 pages n’est pas qu’un document d’urbanisme, a précisé le directeur général des services, Louis Gratel. C’est un outil de planification, il y a une vision, un projet politique qui définit comment on veut développer le territoire. »

Un outil de planification

Le Plan local d’urbanisme intercommunal part du terrain : il commence par un état des lieux exhaustif qui décrit les paysages, le patrimoine bâti, les espaces naturels remarquables, mais aussi les pôles économiques, les services et les équipements, ou encore la dynamique de population. « Quand on a des projets de construction, il faut que ça apporte une plus-value pour le territoire, a poursuivi Louis Gratel. Sans justification des choix effectués, le PLUi peut être invalidé et les permis de construire bloqués. » Le logement et la vacance sont aussi pris en compte : avant de construire du neuf en consommant de l’espace, il faut s’occuper des logements abandonnés. Ainsi, Sumène Artense communauté a mis en place une politique pour réduire le taux de vacance qui peut atteindre 15 % dans certaines communes : taxation des logements vacants et programmes d’amélioration de l’habitat. Par ailleurs, le PLUi ne décide pas tout seul des règles d’urbanisme : il doit être compatible avec les lois Montagne, Littoral ou encore avec le schéma régional d’aménagement du territoire et le Scot Haut Cantal Dordogne. Il doit aussi se plier à la trajectoire imposée par le ZAN (Zéro artificialisation nette) qui limite la surface à consommer sur le territoire à 27 ha d’ici 2031. « Ces 27 ha ont été répartis sur les différentes communes, a détaillé Louis Gratel. Ils ont été fléchés sur des extensions, de nouvelles superficies ». Les « dents creuses » (terrains en friche dans des secteurs déjà urbanisés) ou les parcelles à construire dans des lotissements existants ne rentrent pas dans ces 27 ha, « le territoire a donc largement les moyens de se développer ».

Autre point à souligner : le PLUi doit tenir compte des ressources (eau notamment), des réseaux (assainissement, voirie…), et de leur capacité à supporter une nouvelle urbanisation, a rappelé le président Marc Maisonneuve. Ainsi, certaines zones sont ouvertes à court terme à urbanisation, mais d’autres ne le seront qu’à moyen terme, à condition que les réseaux soient configurés.

Procédure de concertation

Enfin, ce PLUi s’est construit dans la concertation : diagnostic, projet politique d’aménagement durable, zonage, règlement… Le public a été consulté régulièrement (réunions, registres, publications), ainsi que les maires et les personnes publiques associées comme les services de l’Etat, de la Région, du Département, les chambres consulaires ou encore le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne,… Des écologues sont intervenus pour contrôler l’impact sur l’environnement pour les parcelles qui seront ouvertes à l’urbanisation. Même les jeunes ont pu s’exprimer grâce à des rencontres organisées dans chaque classe du collège Georges Brassens à Ydes : ils ont identifié comme priorités le cadre de vie, la nature, les services, mais aussi la mobilité, le logement…

Les différents avis recueillis au fil de ces consultations ont été intégrés. Adopté par délibération avec 21 voix pour, quatre abstentions et une voix contre, le PLUi va désormais poursuivre son cheminement législatif avant une entrée en vigueur espérée pour juillet 2026.


Escalade

Le Conseil communautaire a validé le projet de création d’une structure artificielle d’escalade « Indoor ». Avec ce projet, Sumène Artense communauté étoffe l’offre existante (sites naturels aménagés, mur mobile, Ecole de montagne…). L’objectif est de favoriser cette pratique en pleine expansion et de renforcer l’attractivité du territoire autour d’une dynamique portée par les acteurs locaux et par la jeunesse. L’équipement permettra de concilier différentes pratiques et offrira de nouvelles perspectives : éducatives avec par exemple la création d’une section escalade au collège, sportives avec des stages, des rencontres et des compétitions, touristiques avec la création de séjours thématiques ou encore de loisirs avec l’ouverture toute l’année au public grâce à un encadrement structuré. L’équipement sera installé dans le gymnase de Saignes (en cours de réhabilitation), avec une enveloppe prévisionnelle de 195 000 € HT.

Mobilité

Le Plan de mobilité simplifié et le schéma directeur des modes doux et cyclables ont été approuvés. Ce plan va déboucher sur des actions concrètes qui vont s’échelonner jusqu’en 2031 ; l’objectif est de proposer des alternatives à la voiture individuelle (via la promotion du covoiturage solidaire, la pérennisation du transport en commun), d’accompagner un usage quotidien de la piste verte pour les actifs et les scolaires notamment en renforçant les connexions avec les centralités, ou encore d’utiliser le tourisme pour montrer de nouvelles formes de mobilité.

Enfance/Jeunesse

L’évènement sportif et familial « Tous en piste » organisé chaque année par le pôle ados de Sumène Artense communauté et ses Juniors Associations sera reconduit en 2026 : il aura lieu le samedi 13 juin au Bois de Lempre sur la commune de Champagnac et mettra à l’honneur le vélo sous toutes ses formes.

Les élus ont aussi renouvelé la convention Pass Cantal avec le Conseil départemental pour permettre aux familles du territoire de payer les activités culturelles, sportives et de loisirs de Sumène Artense communauté en 2026-2027. Pour rappel, le Pass Cantal s’adresse à tous les jeunes cantaliens âgés de 3 à 17 ans, sans critères de ressources.

Culture

Dans le domaine de la culture, le conseil communautaire a validé les lauréats de l’appel à projet « soutien aux manifestations culturelles » pour l’année 2026 : le Poulestock Festival à Lanobre, le Carrefour du Blues à Saignes, le Marchal Festival à Champs-Sur-Tarentaine-Marchal et enfin le festival de musique de Beaulieu. Ces évènements à rayonnement intercommunal et complémentaires de la programmation culturelle de Sumène Artense communauté bénéficieront d’un soutien technique, de prêt de matériel scénique et d’appui à la communication.

Concernant l’Ecole de musique du Haut Cantal (218 élèves dont 59 du territoire Sumène Artense), une nouvelle convention définissant les règles d’intervention et les aides de Sumène Artense communauté a été proposée après discussion avec les communautés de communes du pays de Mauriac et du pays Gentiane. L’objectif est de s’entendre sur le fonctionnement et de consolider le budget de l’association : la participation forfaitaire s’élèvera à 25 000 € par an et la part variable à 635 € par élève domicilié sur le territoire. En parallèle, l’étude avec le cabinet Le Bel établi se poursuit pour poser les bases d’une structuration efficace.

En prévision de la prochaine édition du Festival C’Mouvoir les 3, 4 et 5 juillet 2026, le conseil communautaire a décidé de lancer un appel à manifestation d’intérêt auprès des restaurateurs, traiteurs et commerçants ambulants du territoire. L’objectif est d’offrir aux visiteurs de plus en plus nombreux la possibilité de se restaurer sur place via des services en adéquation avec les valeurs du festival (produits frais, circuits courts de préférence, qualité de l’accueil et du service, etc) et à une gamme de prix accessible.

Economie

Plusieurs entreprises du territoire ont reçu un avis favorable de la commission économique pour l’attribution d’aides : AMB Garage à Ydes pour des travaux d’extension du bâtiment ; Chez Bills à Champs-sur-Tarentaine pour des travaux de rénovation et enfin SAS Apiflor à Madic pour l’acquisition de matériel de confiserie.

Concernant l’artisanat, la convention avec le Groupement Artisanal des Métiers d’Art du Cantal (Gramac) a été renouvelée pour trois ans, avec une subvention annuelle de 6 500 euros. Les missions de ce groupement, qui rejoignent le projet politique de Sumène Artense communauté, sont de promouvoir et de développer tous les métiers d’artisanat d’art à travers des actions comme les JEMA (Journées européennes des métiers d’art à destination notamment des jeunes du territoire : écoles et collège), les marchés d’artisanat d’art – dont celui du festival C’Mouvoir, ou encore l’animation du Tiers-Lieu de Champs-sur-Tarentaine.

Assainissement

Sumène Artense communauté est compétente en matière d’assainissement collectif depuis le 1er janvier 2025. Elle planifie et conduit à ce titre des programmes de travaux de réhabilitation des réseaux sur plusieurs communes du territoire. A Ydes centre, un chantier de dix-huit mois va démarrer et concernera les réseaux de différents secteurs : allée de la gravière et rue Arsène Vermenouze, rue de la gare, avenue de la libération et rue Jean Ciné, voie verte, rue et impasse de la Sumène, rues et impasses Blaise Pascal, du 11 novembre et du Docteur Basset. Sumène Artense communauté fait réaliser tous les travaux concernant les eaux usées (pose de nouveaux réseaux, branchements,…), mais l’opération nécessite aussi l’intervention de la commune d’Ydes (chaussée, trottoirs, eaux pluviales) et du syndicat des eaux du Font Marilhou (adduction eau potable). Afin de coordonner tous ces travaux, leur coût, le planning d’intervention et de poser les obligations des différentes parties, les élus ont validé une convention de cadrage et de coordination pour cette opération dont le coût prévisionnel s’élève à environ 1,8 million d’euros HT.

Environnement

Le plan de financement de l’animation du programme Natura 2000 « Entre Sumène et Mars » porté par Sumène Artense communauté a été validé pour un montant de 18 493 € HT en 2026. Cette politique vise à assurer la préservation d’habitats naturels et d’espèces d’intérêt communautaire comme l’écrevisse autochtone à pattes blanches, la loutre, le chabot ou encore les forêts alluviales à frênes et à aulnes, les prairies à Molinie… Exemples d’actions conduites : inventaires et suivis des populations, mise en place de contrats « Natura 2000 » avec des engagements concernant par exemple l’entretien et la restauration de la ripisylve, l’aménagement d’accès à l’eau pour le bétail, l’aménagement de passages à gué, etc.

Sur la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), la structuration en syndicats de rivière se poursuit à l’échelle des trois départements Cantal, Corrèze et Puy-de-Dôme. Les syndicats GEMAPI Auze Sumène et l’EPAGE Sources Dordogne Rhue seront créés au 1er juillet 2026.